15 août 2010

Comme un poisson dans l'eau...


On attendait - certains fans tout du moins - grandement les performances de l'équipe de France de football lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud... Avec l'été qui touche bientôt à sa fin, force est de constater que les sportifs à féliciter se situent plus du côté d'un stade d'athlétisme ou d'un bassin de natation. Et bien plus près que Johannesburg : à Barcelone tout d'abord, puis à Budapest. Et c'est souvent là où la presse n'était pas encore présente au grand complet qu'a eu lieu un défilé de médailles qui a accompagné les pas des athlètes français, qu'ils soient d'or, d'argent, ou encore de bronze. Pas moins de huit titres européens et dix-huit médailles au total pour les Championnats d'Europe d'athlétisme, et également huit titres européens pour vingt-trois médailles en ce qui concerne les nageurs et nageuses françaises. Leur mérite est d'autant plus grand, que la plupart étaient de parfaits anonymes avant leurs performances. Point de contrats mirobolants déjà acquis ; certaines et certains avaient même dû batailler ferme pour trouver des sponsors. La seule perspective de donner tout ce qui était possible, d'inscrire simplement leur nom dans la légende du sport, ou de revenir avec la fierté d'avoir participé à ces Jeux réussissaient à les motiver... A l'opposé d'une équipe nationale de football qui a été la risée de toute une planète, et dont les joueurs avaient été bien trop gâtés avant même de prouver leur niveau de jeu - niveau que tout le monde espérait être à la hauteur de l'évènement, mais qui était pourtant bien faible et réellement décevant dès le départ...


On pourra longtemps revenir sur les performances de Camille Lacourt sur 50 mètres et 100 mètres dos ainsi que lors du relais 4 x 100 mètres 4 nages ; sportif dont le physique et le visage d'ange dissimulé par quelques mèches blondes, donneront l'envie à plus d'un de se remettre à la natation pour plonger dans le grand bassin, avec l'idée à peine dissimulée de ne jamais en sortir. Ou encore de solliciter ses bons soins pour prendre quelques (dizaines) d'heures de cours privés afin d'apprendre à nager en ce qui me concerne... L'espoir est permis quand on sait qu'à la sortie du bassin, un nageur du relais français, Fabien Gilot, interrogé par Nelson Montfort, a voulu faire passer un message pour le moins original : "A toutes les filles qui ont craqué sur Camille, sachez qu'il est gay...". Le principal intéressé semblait pour le moins embarrassé et a répliqué après de longues secondes qu'il prouverait le contraire au monde entier... Gageons que bon nombre de téléspectateurs seront à l'affût pour démêler le vrai du faux suite à cette interview, réalisée en direct sur France Télévisions, et pour le moins inhabituelle juste avant une remise de médailles. Il serait quand même tout simplement agréable qu'un triple médaillé d'or de Championnats européens ait un physique de rêve, réalise des performances sportives extraordinaires, et soit pleinement épanoui dans sa vie de tous les jours aux côtés d'un autre homme. Simplement pour ouvrir un peu les mentalités de quelques mamies un peu trop casanières et étroites d'esprit, qui résident au fin fond du Cantal...


Cependant, gare à l'effet médiatique et à la pression considérable qui vont s'installer sur ces sportifs lors des prochains Championnats du monde de natation à Shanghaï en 2011 ou encore des Jeux Olympiques à Londres en 2012. Le temps n'est pas loin où une célèbre nageuse, couverte d'or au niveau européen, et également sacrée à Athènes, avait finalement complètement raté son entrée et sa compétition à Pékin... Dégoût et démotivation face aux concessions nécessaires pour rester dans l'élite mondiale de la natation ? Stress imposé par les journalistes et intrusion dans sa vie privée par la presse people ? Même si le constat peut paraître incompréhensible pour bien des Français, certaines raisons d'un échec sont, elles, bien simplistes : comme chaque année, et bien souvent lors du tournoi de tennis de Roland-Garros, un peu moins de pression sur les épaules des sportifs français éviterait probablement de grandes déceptions. La consécration, les médailles et les Marseillaises jouées en l'honneur de performances inouïes ne sont-elles d'ailleurs pas venues de sportifs que personne n'attendait vraiment ? Mais pour le moment, réjouissons-nous. En ces temps de crises et de temps durs, ces quelques femmes et hommes ont voulu donner le meilleur d'eux-mêmes. Pour eux-même tout d'abord, mais aussi et sans aucun doute pour leur famille et leurs proches, et seulement par la suite pour offrir un spectacle à un pays tout entier. Par leurs exploits, l'athlétisme et la natation nous ont offert de beaux moments... Des moments qu'on aimerait vivre en continu tout au cours de l'année, et pas uniquement pour le charme du regard azurin et le sourire éclatant de Camille Lacourt...

08 août 2010

Pauvre monde...


Récemment le monde et l'humanité nous ont montré jusqu'à quel point la cupidité et l'égoïsme menacent réellement la société aujourd'hui : de la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique qui n'en finit plus de souiller les côtes de Louisiane jusqu'au scandale de fraude fiscale et de trafic d'influence auquel est confronté Madame Bettencourt... Une parure de diamants offerte à la Reine de Belgique pour l'indépendance de la République démocratique du Congo fait aussi couler des litres d'encre, tout comme la chute spectaculaire de popularité du Président de la République française : le mirage provoqué par son élection n'a duré que la moitié d'un mandat. Rien d'étonnant quand on demande de plus en plus de sacrifices à la population de nombreux pays, pour ne citer que la Grèce en exemple, alors que le sommet continue de vivre avec faste et oppulence. Sommes-nous revenus à l'Ancien Régime ? Un tableau vient à l'esprit, celui du Déjeuner d'huîtres de Jean-François de Troy. Nantis attablés, se gavant d'huîtres, pendant que le champagne coule à flot, et oeuvre où la plupart des convives n'ont comme unique et seul intérêt que de regarder voler un bouchon tout juste expulsé par les bulles d'un précieux breuvage... Pendant ce temps là, on dépense sans compter l'argent des caisses de l'Etat, sans se soucier véritablement de l'état des comptes publics et de la dégradation considérable des finances ainsi que l'augmentation scandaleuse de la dette. Jusqu'au jour où apparaît la menace de ne plus pouvoir emprunter. Heureusement les boulangeries ont encore du pain - et de la brioche - à proposer au petit peuple d'aujourd'hui...


La situation ne semble guère plus favorable en Russie, et notamment à Moscou, où une canicule sans précédent et des incendies de forêts d'une ampleur incroyable noient la capitale sous un nuage de fumées d'une toxicité certaine. Difficile alors d'imaginer que ces nombreux évènements climatiques ne mènent pas à une plus grande prise de conscience face à l'urgence qu'il y a à changer radicalement notre mode de vie et notre manière de consommer... Leur caractère autrefois "extraordinaire", devient pourtant de plus en plus "ordinaire", et on assiste à une dangereuse banalisation de ceux-ci : inondations, tempêtes, orages, grêle, neige, vagues de chaleur, et autres, font toujours plus souvent la une des journaux de télévision ou des unes de la presse écrite. Cependant, certains signes semblent être encourageants. Les lampes à basse consommation se banalisent, l'agriculture biologique entre dans les moeurs, les cosmétiques plus respectueux de la peau et de l'environnement sont en vogue, le recyclage s'implante de plus en plus dans les esprits, y compris dans les couloirs du métro parisien ou new-yorkais... Les plastiques d'origine végétale, à base d'amidon de maïs et entièrement compostables et biodégradables, arrivent également sur le marché. Les panneaux photovoltaïques et les éoliennes deviennent part entière de nos paysages, qu'ils soient urbains ou ruraux. Nous sommes pourtant en droit de nous demander si ce fléchissement des mentalités n'arrive pas trop tard et si le processus de changement de nos modes de consommation ne devrait pas se dérouler plus rapidement...



Dans un autre domaine, mes études de traduction et d'interprétation à Bruxelles vont bientôt s'achever, et il sera venu le temps de dire au revoir à cette capitale où je ne me suis jamais véritablement senti chez moi et à ce pays que je n'ai jamais vraiment compris, même si j'y ai fait la connaissance d'amis précieux et de camarades merveilleux tant par leur personnalité, que par leur richesse d'idées, et leur esprit de tolérance. Une fois diplômé, il sera tant de trouver un travail et de commencer le long chemin de la vie active... En attendant, le temps d'un été, je redécouvre à nouveau les avantages et les inconvénients de vivre "à la française". Tout cela s'opère avec un regard différent sur bien des choses, après avoir vécu pendant un an en Suède et bientôt deux ans en Belgique. La plus belle expérience qu'un être humain puisse réaliser dans sa vie réside dans le fait de voyager - à 10 kilomètres ou à 5 000 kilomètres de chez soi - de ne jamais perdre l'envie d'être émerveillé, ni la soif de connaissances. Pour tenter de comprendre les autres, pour mieux découvrir le monde, pour s'ouvrir à d'autres cultures, ne jamais s'arrêter dans ce processus infini d'apprentissage, même si rien au fond ne pourra changer ce que nous sommes depuis notre naissance. Il est impossible d'oublier d'où nous venons, ce qui nous a construit, ce qui a fait ce que nous sommes, et ce que nous deviendrons...